L’importance de se créer des « SAS »

J’ai envie de vous parler aujourd’hui de l’importance de se créer des « SAS » pour passer d’un moment à un autre de nos vies.  Je reprends ce concept du livre : « Lâche ton trapèze et attrape le suivant ! », d’Olivier Clerc, Editions Eyrolles, 2014.

Ce livre aborde la manière de réussir les transitions de vie.  Et aborde la nécessité de se créer des sas au travers différents exemples que sont : le sas après le travail, le sas entre papa et maman pour les enfants du divorce, le sas entre l’enfance et l’âge adulte, le passage de la quarantaine, la transition vers la retraite, le sas entre veille et sommeil.

Deux sas m’ont particulièrement intéressés, à savoir :

1° Le sas après le travail : il s’agit de la nécessité de se créer un lieu et un temps où on se défait des vibrations de son milieu professionnel et où on se prépare à se glisser en douceur dans son univers familial car sans cela, le risque est grand de voir l’énergie de son travail se déverser directement dans son chez soi et de venir parasiter les relations avec ses proches.
Divers sas sont possibles : ce peut-être le trajet en voiture à condition que celui-ci soit relaxant (écouter de la musique, chanter,….), la lecture dans les transports en commun, le sport avant de rentrer chez soi, un moment de méditation, une balade dans la nature, dans un parc, boire un thé ou une autre boisson, prendre un bain, une douche,…. À chacun de trouver un sas lui convenant, tout en sachant que ce sas peut même être différent d’un jour à l’autre. L’objectif de ce sas est de pouvoir changer d’énergie, changer de rythme, changer de pensées, de sentiments, d’état intérieur pour pénétrer dans l’univers familial, libre de ce qui concerne votre milieu professionnel.
L’auteur ne le précise pas, mais un sas pour passer du milieu familial au milieu professionnel peut également être salvateur pour passer une meilleure journée au travail, libéré de ses tracas familiaux.

2° Un sas entre papa et maman : le passage réussi d’un milieu familial donné – avec sa dynamique propre, ses relations spécifiques (présence ou non d’un beau-parent, d’autres enfants), ses règles éducatives et ses rythmes de vie – à un autre univers parental, ayant des caractéristiques différentes, nécessite une forme ou une autre de sas. A défaut, les enfants vivent souvent mal ces transitions répétées, ils se retrouvent trop rapidement plongés dans un milieu différent, ils n’ont pas l’espace nécessaire où ils peuvent vivre les émotions contradictoires qui les traversent (joie de retrouver un parent, tristesse de quitter l’autres). Ils ne savent parfois même pas exactement ce qu’ils ressentent et du coup, peuvent être grognons, tristes, irritables. La moindre contrariété, petit incident, peut provoquer chez eux de fortes réactions émotionnelles qui ne sont que l’évacuation d’un trop-plein qui n’a pas pu se vivre ou être accompagné de manière adéquate.

Selon les situations, plusieurs types de sas peuvent être envisagés : l’un d’eux peut être tout simplement l’école, le milieu scolaire pouvant ainsi faire office d’espace intermédiaire pendant lequel l’enfant peut se préparer (même inconsciemment) à passer d’un parent à l’autre. C’est souvent plus facile pour l’enfant que d’être ramené directement d’un parent à l’autre sauf si les parents s’entendent merveilleusement bien et qu’ils peuvent échanger les dernières nouvelles et permettre ainsi à l’enfant que la transition puisse s’effectuer en douceur. Pour certains enfants, cela peut ne pas suffire, ils auront alors besoin d’un temps d’acclimatation, peut-être même d’être seuls un moment dans leur chambre, d’écouter de la musique, ou encore de passer voir un copain qu’il ne voit pas quand ils sont chez l’autre parent. Il faut que le parent accepte que l’enfant ait besoin de cet espace de transition. Cela permet aussi d’en parler à son enfant, de mettre des mots sur l’ambivalence qu’il ressent et sur les turbulences émotionnelles ressenties.

L’auteur attire notre attention sur le fait qu’un sas est par définition un espace confiné et limité. Il est donc important de délimiter l’espace et le temps accordés à cette transition, plutôt que de les laisser déborder en tous sens. Ne pas avoir délimiter le temps de transition peut avoir des effets aussi improductifs que l’absence totale de sas.

J’espère que cet article vous aura plu.

Prenez bien soin de vous,

Véronique Brel

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