Et oui arrêtons de nous mettre trop de pressions…

Aujourd’hui j’ai envie de partager avec vous un concept issu du livre de Fabrice Midal : « Foutez-vous la paix ! Et commencez à vivre. ». C’est tellement évocateur de ce que nous ne faisons pas pour la plupart d’entre nous. Nous sommes dans une société où nous ne cessons jamais de nous torturer à longueur de journée. Nous courons dans tous les sens, sans jamais prendre le temps de nous poser. Nous sommes envahi par nos fameuses « to do list » et avons l’impression de ne jamais en avoir fini avec rien. Comme le dit l’auteur : « nous sommes pris dans un activisme frénétique qui nous rend complètement aveugles. Happés par l’urgence de « faire », nous ne voyons plus qu’en réalité nous ne « faisons » rien : nous nous agitons et nous oublions l’essentiel. Nous oublions d’oser ».

Au travers de son livre, Fabrice Midal aborde différents points qui ont bien évidemment leur importance pour se sentir mieux dans nos vies et éviter des moments difficiles tels que dépressions, burnout, ….

Ainsi nous retrouvons les notions suivantes :

1. Cessez de méditer, ne faites rien.

L’auteur dénonce ici toute la pression, l’obsession de la performance, la recherche de résultats, de changements qui est de plus en plus véhiculée par la méditation. Pour lui, la méditation n’est pas une technique mais un art de vivre (qu’il préconise) et ce qu’il appelle méditation est pour lui le fait d’oser se laisser tranquille, l’audace de se foutre la paix.
Pour Fabrice Midal, la méditation est un acte radical et il définit deux règles pour pouvoir méditer « en se foutant la paix » :
◦ Être présent à son souffle ;
◦  Être ouvert à tout ce qui est là, dans la situation. Il suffit                                           donc de respirer, d’entendre, de voir, de sentir, d’être                                                présent.
L’idée, à travers la méditation, est : « je me fous la paix et je me libère des règles qui surgissent en moi, en particulier de celles que je m’impose, la plupart du temps sans que personne ne me demande quoi que ce soit ».

2. Cessez d’obéir, vous êtes intelligent.

Fabrice Midal nous invite à cessez d’obéir car obéir sans discuter, sans comprendre pourquoi voire sans être d’accord, nous étouffe, nous éteint, empêche l’intelligence que nous portons en nous d’éclore. L’obéissance nous autocensure. Bien évidemment, nous ne pouvons pas vivre sans règles. Beaucoup d’entre elles sont nécessaires à la cohésion sociale mais aussi à notre structuration. Il y a des horaires à respecter, des tâches à accomplir, un respect de soi et des autres. Mais souvent les règles sont beaucoup moins rigides qu’on ne le pense. L’invitation de l’auteur à se « foutre la paix » ne consiste évidemment pas à faire n’importe quoi. Il s’agit davantage de lâcher la pression des règles, de questionner celles-ci et de ne pas les appliquer si elles altèrent nos libertés. « La nécessité de penser par soi-même nous incombe à tous » dit l’auteur.

3. Cessez d’être sage, soyez enthousiaste.

« Arrêtons de nous sentir toujours en faute, toujours inadéquats ! Commençons pas dire non à ces injonctions fausses et destructrices. Assumons nos envies, nos ras-le-bol, nos énervements, tapons du pied dans la fourmilière quand cela nous paraît nécessaire. Soyons enthousiastes, quittons nos zones de confort, sortons de nous-mêmes pour aller vers quelque chose de plus grand » nous dit l’auteur.
Si en tentant de rester calme dans toutes situations, je chasse ma colère, mes angoisses sans les avoir d’abord rencontrées pour faire la paix avec elles, elles finiront par revenir de manière encore plus forte, quelque soit les moyens que j’aurai utilisés pour les éloigner. A force de vouloir tout contrôler, nous donnons certes le change mais un jour on finit par s’écrouler…. La sagesse, telle que nous l’entendons souvent, n’est en fait qu’un pansement qui protège peut-être superficiellement mais qui ne combat certainement pas l’infection. Au contraire !
« Foutez-vous la paix et libérez l’enthousiasme en vous, sans jamais en avoir honte : il est la preuve que vous êtes vivant ! » conclut l’auteur.

4. Cessez d’être calme, soyez en paix.

Le calme est à l’antipode de la vie. Le calme est l’absence de mouvements, l’immobilité statique. L’injonction « calme-toi » ne calme d’ailleurs jamais personne. Être en paix est bien différent. Il s’agit de la capacité d’entrer en rapport, avec patience et douceur, avec l’ensemble de la réalité, y compris avec sa propre rage, avec son chagrin dont on reconnaît ainsi l’existence au lieu de les nier. « Je me fous la paix ! Je ne rajoute rien à l’expérience que je vis. Assumons de ne pas être toujours « gentils », de ne pas plaire à tout le monde, de ne pas être aimés tout le temps et par tout le monde. Cessons de culpabiliser parce que nous ne réussissons pas à toujours montrer une façade lisse et socialement adaptée – la façade d’un idéal robotisé ».
L’auteur ajoute : « A force de nous censurer, de nous étouffer, nous devenons des cocotte-minute qui implosent dans un burn-out silencieux. Nous fuyons la crise, alors que celle-ci est souvent porteuse de salutaires remises en question ».

5. Cessez de vous refréner, désirez !

Il s’agit ici pour l’auteur d’écouter ce que nous sommes, d’écouter ce qui nous appellent, d’écouter nos désirs et de diriger nos actes en fonction.

6. Cessez d’être passif, sachez attendre.

« Notre vision de l’action est particulière, elle est ce qui produit un résultat et doit souvent être mesurable immédiatement. Faute de quoi, nous considérons qu’il ne se passe rien. Nous avons tendance à enchaîner des activités absurdes, mécaniques, qui n’ont pas de sens sauf celui de nous donner l’impression que nous agissons, alors qu’en réalité, nous sommes dans une désespérante passivité ». « Tourner comme un hamster dans sa roue n’est pas agir ! ».  Être actif, ce n’est pas courir dans tous les sens mais c’est construire en profondeur, c’est comprendre, c’est trouver une solution nouvelle à une situation qui semble sans issue. Je suis souvent passif quand je m’agite. Je suis réellement actif quand j’ose tout arrêter, attendre, faire confiance.

7. Cessez d’être conscient, soyez présent.

L’idée est d’être présent à notre être, avec notre corps, notre cœur, nos émotions et d’être ancré dans le monde. C’est se libérer de l’enfer de la pleine conscience pour vivre enfin en pleine présence avec l’entièreté de notre être. Car à force d’être conscients, nous oublions d’être présents. A force de penser, nous oublions de jouir. Quand on accepte de se laisser ouvrir par ses perceptions sensorielles, le monde se révèle dans son immensité.

8. Cessez de vouloir être parfait, acceptez les intempéries.

Nous voulons toujours être parfaits parce que nous refusons l’échec, nous le considérons comme une catastrophe, une honte, un point final à notre parcours qu’il soit professionnel ou sentimental. Nous sommes éduqués pour oublier que dans la vraie vie, l’échec est non seulement inévitable, mais surtout indispensable : c’est lui qui nous fait grandir. Notre obsession à la perfection nous amène à exercer à l’égard de nous-mêmes un harcèlement moral qui relèverait d’une peine pénale si nous l’appliquions à l’encontre d’un tiers ! Ainsi l’auteur nous dit : « Ne soyez pas parfaits, soyez ambitieux ! Acceptez les failles, les lacunes, les imperfections … mais faites de votre mieux, à partir de ce que vous êtes. Se foutre la paix consiste à accepter la complexité et la nuance du monde, c’est accepter les intempéries qu’un perfectionniste vit comme une attaque. C’est arrêter de s’auto-évaluer et de s’auto-vérifier en permanence. C’est accepter de vivre et de se réjouir de la vie ».

9. Cessez de chercher à tout comprendre, découvrez le pouvoir de l’ignorance.

Trop souvent notre volonté de tout comprendre, nous égare. A force de peser inlassablement le pour et le contre avant chaque décision, nous laissons filer les mois puis les années. Finalement nous restons à notre place à regretter : « ah si seulement j’avais …. ». Il faut pouvoir accepter l’incertitude pour avancer. Lorsque nous abandonnons le souci de tout comprendre, l’intuition se révèle à nous ainsi que la créativité dans un deuxième temps. L’intuition est une forme de rationalité souterraine qui se déploie d’autant mieux que l’on se fout la paix. Ainsi : « Se foutre la paix, c’est se jeter à l’eau pour s’ouvrir à des possibles qui me rendront eux-mêmes encore plus créatif. c’est sortir des schémas, accepter de ne pas pas savoir, de ne pas contrôler ».

10. Cessez de rationaliser, laissez faire.

La rationalité bascule de plus en plus vers une dictature de l’efficacité. Les émotions que nous pouvons ressentir, le bien-être des êtres humains paraissent de plus en plus oubliés dans nos existence. Les suicides, les dépressions, les angoisses chroniques, les burn-out sont en constante augmentation et ne sont pas dus à une mode (comme peuvent le dire certains) mais à la brutalité d’une rationalisation managériale qui n’a que faire de la santé physique et mentale de ses employés.

11. Cessez de vous comparer, soyez vous-même.

Se comparer aux autres est une inclination naturelle chez l’être humain. Elle permet de nous situer. Ce qui devient problématique est que nous subissons de plus en plus une injonction paradoxale : « soyez comme tout le monde, ne sortez surtout pas du lot mais en même temps, soyez différent ». Se foutre la paix ici signifie cesser de se juger, de s’évaluer, de se comparer, de se forcer à être comme ceci ou comme cela, c’est oser être soi-même, c’est se libérer des mécanismes dont nous sommes prisonniers.

12. Cessez d’avoir honte de vous, soyez vulnérable.

Lorsqu’on est frappé, blessé, trahi, nous tendons à nous endurcir. A ne plus vouloir nous ouvrir. Cela revient à nier une partie de notre humanité. Il y a pourtant un autre chemin : trouver la force de ne pas s’endurcir. Regardez et vivez vos émotions avec douceur et humour. Le fait de les reconnaître, de les admettre, les empêchera de vous submerger.

13. Cessez de vous torturer, devenez votre meilleur ami.

Dans notre culture occidentale, nous sommes particulièrement victimes de la violence contre nous-mêmes : nous sommes devenus des experts à nous faire souffrir. Combien de fois nous nous disons par exemple : « mais quelle idiot(e) je fais, je ne suis même pas fichu(e) de …., etc ». Notre petite voix intérieure commente sans cesse nos actions, nos pensées avec une sévérité dont nous serions incapables envers une autre personne. Or il serait bien plus fructueux d’avoir une attitude douce et bienveillante envers soi. De se laisser être. Comme nous nous comporterions avec un ami tout simplement. Notre égo joue aussi un rôle handicapant ici car il agit comme un véritable poison en nous, nous blessant constamment. Comme le dit l’auteur : « C’est seulement en me reconnaissant le droit d’être tel que je suis que je reconnais pleinement aux autres, à l’humanité, au monde, le droit d’être tels qu’ils sont ».

14. Cessez de vouloir aimer, soyez bienveillant.

Cessons de vouloir aimer et nous forcer à dire un « je t’aime » artificiel ou conditionnel ou convenu à tout bout de champ. Soyons bienveillants, c’est ainsi que commence l’amour. Quand on se sent autorisé à être vraiment sois-même.

15. Cessez de discipliner vos enfants.

Au lieu de considérer que l’enfant est « notre » enfant et qu’il doit donc répondre à « nos » projets, regardons-le comme un ami ou un invité avec qui on fait un effort pour se relier, sans jugement préalable ni parti pris, mais avec bienveillance.

Ainsi, pour l’auteur, « le fait de s’autoriser à être procure un véritable bonheur. Sortir de soi est la voie royale vers l’émerveillement. Nous autoriser à être malgré la pensée dominante qui nous impose des œillères. Prendre des risques pour gagner en ampleur de vie. Avoir confiance en la vie. Se foutre la paix n’est rien d’autre que s’autoriser à toucher cet émerveillement, à trouver l’esprit d’enfance que nous avons enfoui sous nos paroles d’expert. Un tel bonheur ne dépend pas des circonstances et c’est une profonde délivrance…. ».

Ainsi s’achève la présentation de ce magnifique concept qu’est « foutez-vous la paix ! ». J’espère que cet article vous inspirera et vous aidera à prendre un peu plus de reculs dans vos vies. Si déjà à cette lecture, vous pourriez diminuer quelque peu la pression que vous vous mettez peut-être, alors le temps que je vous aurai consacré en vaudra la peine. Si cet article vous a plu, je vous invite à lire le livre dans son entièreté qui illustre davantage encore que je ne l’ai fait toutes les facettes de cette fameuse notion.

Portez-vous bien et prenez bien soin de vous,
Véronique Brel
Psychologue

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *