Ecrit personnel sur mon burnout

Moi aussi je pensais qu’un an de maladie pour un burnout c’était exagéré…. Et pourtant….

Maintenant que je suis en arrêt maladie depuis un an je me rends compte que guérir d’un burnout n’est pas facile. Je me suis longtemps crue solide, gérant le stress, … peu à peu, avant mon arrêt maladie, je suis devenue de plus en plus hyper active comme si inconsciemment cette façon d’agir me permettait d’occulter ma fatigue, mon mal-être grandissant. J’étais si fière de dire que « moi, même malade, j’allais travailler…. ». Fière de dire que je ne prenais jamais de congés maladie… si seulement j’avais su…

A force de courir en tous sens, à force d’assumer toutes nos responsabilités sans jamais se poser, nos ressources finissent par s’épuiser. On finit par s’oublier, à taire nos maux (qui pourtant deviennent de plus en plus importants) et un jour tout s’arrête. On se rend compte qu’on ne peut plus avancer, qu’on est au bout de nos forces.

Lorsque le médecin qui m’a rencontrée à ce moment-là m’a dit : « Madame je vous arrête pour cinq mois minimum car dans l’état où vous êtes, si je vous laisse continuer à travailler, vous ne passerez pas l’année ». Quel choc cela a été pour moi d’entendre cela.   L’idée de mourir d’un accident de voiture, d’un accident cardiaque, d’un accident vasculaire cérébral , d’un cancer,…. ne m’était jamais venu à l’idée et était inconcevable pour moi. Laisser mon mari, mes enfants, ce n’était tout simplement pas envisageable…

C’est donc avec beaucoup de difficultés que j’ai arrêté le travail et me suis mis au repos… enfin j’ai essayé car comment changer une manière de vivre depuis tant d’années. Comment rester au lit alors que tout le monde continue à s’activer dans tous les sens, comment laisser nos responsabilités en sourdine ?

C’est ainsi que j’ai vécu une descente aux enfers émotionnellement… oui j’étais à bout, oui j’étais irritable mais se retrouver seule face à soi-même et accepter l’inconcevable, le fait que nous avons craqué est très difficile, voire même honteux.

Le lâcher prise, l’acceptation sont ainsi de très beaux concepts mais les appliquer est bien plus ardu que ce que l’on peut imaginer. A l’heure d’aujourd’hui, après un an d’arrêt, j’ai toujours difficile d’appliquer ces beaux concepts.

Ces mois de burnout ont été une véritable souffrance. Aujourd’hui je suis poussée à reprendre le travail et pourtant tant au niveau de mes émotions, qu’au niveau de ma fatigue je ne me sens pas prête. Je sais qu’il est temps pour moi de me réorienter professionnellement, je suis déjà sur le chemin mais quitter la sécurité, nos zones de « conforts » (ou en tout cas ce que l’on croit l’être est si difficile).

D’un bon salaire, je me retrouverai demain sans un sous de revenu et je devrai tout recréer. 43 ans ce n’est peut-être pas vieux mais lorsque l’on se sent fragilisée, en manque d’énergie, ce n’est pas si facile.

Les peurs sont là et ne font que raviver notre mal-être… Quand pourrais-je enfin me sentir sereine…

La société d’aujourd’hui est devenue une société intransigeante… Nous devons tout donner jusqu’à épuisement… Aujourd’hui un seul salaire ne suffit plus, les deux parents doivent travailler et la répartition des tâches ménagères est encore loin d’être courant. Une femme, une mère, une épouse doit en plus de son travail, faire une « deuxième journée » quand elle rentre. Peu à peu la femme, mère, épouse n’a plus de temps pour elle, elle s’épuise. Certains maris aident, heureusement, mais c’est parfois minime par rapport à tout ce qu’effectue une femme. Beaucoup de maris mettent leur carrière en avant, rentre tard du travail, apportent plus d’argent à la maison et justifient ainsi le fait qu’ils en font moins à la maison. Une fois que le pli est pris dans le fonctionnement du couple, il est très difficile de changer les choses. On se sent de plus en plus coincée, n’ayant pas d’autres choix, jusqu’au moment où on craque.

Je ne crois pas à un burnout qui ne serait que professionnel, un burnout me paraît être le résultat d’une multitude de facteurs qui s’aditionnent.

Cependant lorsque le burnout trouve sa source au travail avec une réelle perte de sens de celui-ci, comment envisager de reprendre ce travail ensuite même avec un horaire adapté… Le sens perdu ne revient pas… selon moi et mis-à-part si on arrive à faire fi de cela pour reprendre ses fonctions précédentes, je pense que reprendre son travail d’avant est une erreur.

Cependant, en changer est aussi terriblement anxiogène surtout lorsqu’on quitte un statut de fonctionnaire comme le mien pour devenir indépendante complète…. Est-ce le bon choix ?  Je n’en sais rien. Les prochaines années me le diront et j’espère ne pas me tromper.  Car là encore la société sera sans pitié et je suis suffisamment lucide pour savoir que je ne parviendrai pas à réintégrer le marché de l’emploi traditionnel après 45 ans …  Mon métier, il faut maintenant que je me le crée… il faut que je me réapproprie toute la responsabilité de ma vie.

C’est ce que je fais maintenant et la preuve en est l’existence de ce site ainsi que mon autre site www.superdivorce.net

A vous tous que je vois courir comme moi avant en tous sens, je ne peux qu’avoir peur pour vous. Prenez soin de vous, ne faites pas comme moi, faites taire votre égo qui ne vous aidera pas lorsque vous craquerez… Offrez-vous du temps pour vous lorsque vous en avez besoin et ne vous culpabilisez pas de cela car ce sera à cette condition que vous pourrez continuer à vivre bien au travail et auprès des vôtres. Il vaut finalement mieux prendre quelques jours de congés maladie lorsqu’on se sent limite, que de continuer encore des mois, voire des années et finir par rester plus d’un an en arrêt maladie et ce dans une réelle souffrance psychique qui n’a rien à voir avec une dépression.

Osez vous arrêtez si vous en sentez le besoin et permettez à votre compagne, à votre compagnon de vie d’en faire autant s’il (ou elle) en ressent le besoin.  Osez confier vos enfants un week-end à un membre de votre famille afin de vous reposer et de souffler un peu…. C’est tellement important !

2 réflexions sur « Ecrit personnel sur mon burnout »

  1. Pour savoir si vous souffrez du syndrome d’ puisement, il existe un test de burn out intitul Questionnaire CBI (Copenhagen Burn out Inventory). Ce test prend en compte trois grandes dimensions : l’ puisement professionnel, l’ puisement personnel et l’ puisement relationnel. Le questionnaire CBI prend la forme de 19 questions choix multiple. Il existe un second test du burn out nomm test de Maslach ou encore Maslach Burnout Inventory. Celui-ci est compos de 22 questions et se concentre sur les dimensions suivantes : puisement, d personnalisation et accomplissement personnel.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *