Accompagnement lors d’un burnout

 

Toute personne en burnout devrait pouvoir être accompagnée par un professionnel.  Le burnout est un véritable tsunami émotionnel et la personne qui le vit se sent souvent perdue face à tous ses ressentis.  Une personne en burnout ne parvient pas à envisager immédiatement des pistes de solutions pour l’aider à aller mieux.  C’est à peine si elle arrive à comprendre ce qu’elle vit.  Et que dire de l’entourage
qui se sent dépassé, qui ne reconnait plus la personne en burnout.

Etre accompagné par un(e) psychologue qui connaît le burnout est un élément essentiel qui permettra d’activer la route de la guérison.

Bien que tous les symptômes répertoriés ci-dessous ne doivent pas être présents ensemble pour diagnostiquer un burnout, on retrouve beaucoup de ceux-ci dans les plaintes des patients.


L’irritabilité et la fatigue extrême sont deux plaintes qui reviennent presque tout le temps chez les patients atteints de burnout.

Le burn-out est un véritable épuisement professionnel. Il est dû à un stress chronique, les personnes qui en sont victimes vivent en surrégime tout le temps. Il s’agit d’une réelle souffrance qui mène à des situations extrêmes tant au niveau psychologique, que physique et neurologique.

Une personne en situation de burn-out risque des accidents pouvant être graves, son corps lâche, des idées de suicide peuvent apparaître… La personne se sent désespérée.
La seule solution pour se sortir d’un burn-out est de changer sa façon de fonctionner et le chemin pour y arriver peut être très long. Si on arrive à trouver le bon chemin, le burn-out sera au final vécu comme une véritable chance mais avant cela la personne en burn-out va passer par des moments difficiles et son entourage aussi.

On peut distinguer différentes phases dans un burn-out :

  1. Le déni : la personne « brûle les feux rouges », elle ne s’écoute pas. Ici l’entourage a beaucoup d’importance car les proches peuvent dire stop. Malheureusement, il est fort rare qu’une personne en burn-out écoutera son entourage…
  2. La chute : celle-ci sera fort différente en fonction des personnes mais il y a clairement une prise de conscience du fait que « ce n’est plus possible de continuer ainsi ».
  3. La colère : la personne en burn-out ressent beaucoup de colère envers elle-même. Elle voudrait faire pleins de choses mais n’y arrive pas. A ce stade la personne en burn-out ne se reconnaît plus.
  4. La négociation avec le corps médical, avec l’entourage : La personne est dans la non acceptation de ce qu’elle vit, elle pense qu’elle va y arriver, qu’elle va très vite se sentir mieux, que son état ne durera pas longtemps et qu’elle pourra très vite reprendre le travail
  5. Moment apathique : la personne passe ensuite vers une véritable période d’apathie. Elle se trouve en contact avec son épuisement. Elle se sent alors complètement perdue, souffre beaucoup et peut même connaître des moments de dépression réactionnelle. C’est une période qui dure longtemps (entre 12 et 18 mois) et il est ici capital que l’entourage de la personne en burn-out accepte cette situation.
  6. L’acceptation : enfin la personne finit par accepter ses limites, son état et cela aide véritablement à la guérison. Sans cette acceptation de ce qui est, la personne est dans la résistance et parviendra difficilement à guérir.
  7. L’intégration, la transformation, la réorientation : C’est la dernière phase dans laquelle la personne va mettre en place les changements nécessaires à son mieux-être et pourra envisager un retour au travail avec souvent une réorientation de carrière.

Le burn-out est toujours situé à la croisée de plusieurs facteurs individuels. Les personnes victimes de burn-out sont généralement des personnes positives, perfectionnistes, très souvent à haut potentiel, hyper actives et très investies. La réalité du travail est un facteur également prédominant et lié à la nature du travail, à l’environnement de travail (pression de la hiérarchie, non sens du travail,….). A cela s’ajoute aussi le « hasard », le stress de trop, le truc qui fait que ça ne marche plus.

Le burn-out est en explosion constante et il devient capital de s’y intéresser de plus près. Le burn-out est dû à l’évolution de notre société, à la temporalité de celle-ci (tout va de plus en plus vite) et à l’hyperstimulation. Les idéaux sont très élevés : on doit être super à tout moment et dans tous les domaines. Notre biologie humaine ne s’adapte pas encore à cette évolution et ne s’y adaptera peut-être jamais. Au final nous n’avons toujours que deux yeux, deux mains, deux oreilles et une bouche…. Et nos besoins physiologiques (sommeil, nourriture,….) doivent être assurés.

Le burn-out représente un coût financier énorme pour la société mais aussi pour les familles, les proches.

Pour guérir un burn-out il faut suivre différentes phases :

1. Il faut pouvoir diminuer les hormones de stress et pour cela un travail au niveau corporel est primordial. Sans un travail sur le corps, il est difficile de guérir.

2. On peut ressentir beaucoup d’angoisses et il faut alors pouvoir travailler sur celles-ci, pouvoir les écouter. A ce stade une médication peut parfois être utile (anxiolytiques). Un soutien psychologique est essentiel également.

3. On finit à un moment donné par se sentir mieux et là le risque est d’à nouveau en faire de trop. Pendant toute une période, la personne en burn-out ressent beaucoup de hauts et de bas au niveau émotionnel, au niveau physique. Ce n’est que lorsqu’elle se retrouvera à un niveau constant durant minimum deux mois que l’on peut dire qu’elle est réellement en phase de guérison. Ce n’est qu’à partir de ce moment là qu’elle sera capable d’envisager un retour au travail en envisageant un réaménagement professionnel.

Par la suite, la personne ayant vécu un burn-out devra être attentive à tous les signaux désagréables que lui envoie son corps. Ces signaux devront être considérés comme des alertes qui nous obligent à diminuer le rythme, à se dire stop. Il sera aussi important d’apprendre à travailler par séquençage : faire une chose à la fois. Il faudra faire preuve de patience et si la personne ayant vécu un burn-out n’est pas attentive, des rechutes peuvent avoir lieu.

La patience est un mot clé que la personne en burn-out devra apprendre.