Burnout : pourquoi le repos ne suffit pas toujours

« Je suis en arrêt depuis deux mois, je dors, je me repose… et je suis toujours aussi épuisée. » C’est une phrase que j’entends très souvent en consultation. Elle est souvent accompagnée de culpabilité : si le repos ne marche pas, c’est que quelque chose ne va pas chez moi.

Rassurez-vous : c’est normal. Et cela s’explique.

Le burnout n’est pas une simple fatigue

Une fatigue ordinaire disparaît après quelques bonnes nuits ou des vacances. Le burnout, lui, est un épuisement installé après des mois, parfois des années, de stress chronique. Le corps et le cerveau ont fonctionné en surrégime si longtemps qu’ils ne savent plus redescendre.

C’est pourquoi on peut se reposer « parfaitement » et continuer à ressentir une fatigue écrasante, des troubles de la concentration, une irritabilité ou des larmes qui montent sans raison.

Ce que le repos ne règle pas

Le repos est indispensable : il est la première étape. Mais il ne touche pas à ce qui a mené à l’épuisement. Bien souvent, on y retrouve :

  • des exigences très élevées envers soi-même : tout bien faire, ne pas décevoir, ne jamais dire non ;
  • un environnement de travail difficile : surcharge, manque de reconnaissance, perte de sens ;
  • une difficulté à écouter ses propres signaux : on « brûle les feux rouges » jusqu’à la chute.

Si rien ne change de ce côté-là, le risque est de reprendre exactement comme avant… et de retomber.

Ce qui aide vraiment à se reconstruire

Comprendre ce qui s’est passé. Mettre des mots sur ce que vous vivez permet de sortir de la confusion et de la culpabilité. Le burnout n’est ni un caprice ni une faiblesse.

Accepter le rythme de la récupération. On voudrait aller vite et reprendre au plus tôt. Pourtant, c’est souvent en acceptant ses limites du moment que la guérison commence vraiment.

Revenir à ce qui compte pour vous. En thérapie, nous travaillons aussi sur vos valeurs : qu’est-ce qui est vraiment important pour vous ? C’est souvent là que naissent les changements durables.

Préparer le retour. Reprendre le travail se prépare : rythme, limites à poser, signaux d’alerte à surveiller. Pour certaines personnes, c’est aussi le moment d’envisager une réorientation.

Un mot personnel

En 2017, j’ai moi-même traversé un burnout. Je me souviens de cette impression de ne plus me reconnaître et de la peur que cela ne s’arrête jamais. Ce chemin m’a appris qu’on peut en sortir, et même en sortir transformé, à condition de ne pas le traverser seul.

Et maintenant ?

Si vous vous reconnaissez dans ces lignes, parlez-en à votre médecin et n’hésitez pas à vous faire accompagner. Je vous reçois au cabinet à Grez-Doiceau ou en ligne, si vous déplacer vous coûte trop d’énergie.

Si vous traversez un moment de détresse intense ou avez des idées noires, appelez le Centre de Prévention du Suicide au 0800 32 123 (gratuit, 24 h/24) ou le 112.