« Ça fait déjà six mois, tu devrais aller mieux. » Après une perte, l’entourage est souvent présent au début, puis la vie reprend son cours. Pour la personne en deuil, pourtant, le temps ne passe pas de la même manière.
Il n’y a pas de « bonnes étapes »
On a beaucoup parlé des « étapes du deuil » : déni, colère, marchandage, tristesse, acceptation. Ces mots peuvent aider à reconnaître ce que l’on ressent. Mais le deuil n’est pas un escalier que l’on monte marche après marche.
On peut se sentir mieux un jour et effondré le lendemain. Une date, une odeur, une chanson peuvent raviver la peine des années plus tard. Ce n’est pas un retour en arrière : c’est le chemin du deuil, fait d’allers-retours.
Toutes les pertes méritent un deuil
On pense d’abord au décès d’un proche. Mais une séparation, la perte d’un emploi, d’une santé, d’un projet de vie ou d’un animal sont aussi des pertes. Elles demandent, elles aussi, du temps et de la reconnaissance.
Certains deuils sont peu reconnus par l’entourage, comme une fausse couche ou la perte d’un ex-conjoint. Ils peuvent être d’autant plus solitaires.
Toutes les émotions ont leur place
La tristesse, bien sûr. Mais aussi la colère, la culpabilité (« j’aurais dû… »), le soulagement parfois, après une longue maladie. Ces émotions peuvent sembler contradictoires, et elles sont pourtant normales.
Il n’y a pas de bonne façon de vivre son deuil. Certaines personnes ont besoin d’en parler beaucoup, d’autres d’agir, d’écrire, de créer un rituel.
Garder un lien, autrement
Faire son deuil ne signifie pas oublier ni « tourner la page ». Il s’agit plutôt de trouver une nouvelle place pour la personne ou ce que l’on a perdu : un lien intérieur, des souvenirs, des valeurs que l’on continue de porter.
Quand se faire accompagner ?
Il n’est jamais trop tôt ni trop tard pour être accompagné. Un soutien peut être particulièrement utile si :
- la douleur reste très intense après de nombreux mois et vous empêche de vivre ;
- vous vous sentez très seul·e ou incompris·e ;
- la perte a été brutale ou traumatique et des images reviennent sans cesse ;
- vous n’arrivez plus à prendre soin de vous.
En consultation, je vous offre un espace où tout peut être dit, sans jugement et sans calendrier. Lorsque la perte a été traumatique, l’EMDR peut aider à apaiser les images qui s’imposent.
Si la douleur devient insupportable ou si vous avez des idées noires, appelez le Centre de Prévention du Suicide au 0800 32 123 (gratuit, 24 h/24) ou le 112.